Je vais être honnête avec vous. La première fois que j’ai vu quelqu’un pratiquer l’EFT, ma réaction a été simple : « Mais c’est n’importe quoi. »
Alors que j’étais en recherche d’une technique de libération émotionnelle aussi efficace que l’hypnose… 

Des gens qui tapotent leur visage du bout des doigts en répétant des phrases à voix haute. Sur une vidéo sérieuse, diffusée par une école d’hypnose que je respectais. Je me suis dit qu’il devait y avoir une erreur.

 

Et puis j’ai essayé.

« Mais comment est-ce que ça peut marcher, ce truc ? »

C’est la question que je me suis posée — et c’est probablement la question que vous vous posez en ce moment.

L’EFT, pour Emotionnal Freedom Techniques, ou « technique de libération émotionnelle », a été développée dans les années 1990 par l’Américain Gary Craig, à partir des travaux du psychologue Roger Callahan sur la stimulation des points méridiens issus de la médecine traditionnelle chinoise.

Le principe : en tapotant des points précis sur le visage et le haut du corps, tout en maintenant son attention sur une pensée ou une émotion difficile, on envoie un signal de sécurité au système nerveux. Ce signal interrompt la réponse automatique de stress ou de peur. La charge émotionnelle associée à la pensée se neutralise.

Sur le papier, ça peut sembler ésotérique. Dans la pratique, c’est d’une efficacité qui m’a surpris moi-même.

Le jour où j’ai changé d’avis

Convaincu malgré mes doutes par le sérieux de la source, je me suis formé à l’EFT. Et j’ai commencé par me l’appliquer à moi-même.

Un sujet m’agaçait depuis des dizaines d’années. Une de ces choses qu’on ressasse, qu’on tourne dans tous les sens, sans jamais vraiment s’en débarrasser. Une de ces boucles mentales dont le mental se nourrit en permanence.

Cinq minutes de tapping plus tard, quelque chose avait changé. Ma pensée sur ce sujet était devenue : * »ça aurait pu être différent, c’est dommage, mais c’est comme ça. »* Neutre. Factuelle. Sans charge émotionnelle.

Mais je n’étais pas encore convaincu. Il existe des dizaines de techniques qui permettent de se sentir mieux sur le moment. La cohérence cardiaque. La méditation. Une bonne conversation. L’effet peut être réel et temporaire.

 

C’est le lendemain matin que j’ai été bluffé.

 

Le changement était toujours là. Mon avis sur ce sujet n’avait pas changé — je ne me suis pas mis à l’aimer. Mais il ne me touchait plus émotionnellement. Je n’étais plus en conflit intérieur avec lui. Et depuis ce jour, ça n’a pas bougé.

Ce qui se passe vraiment pendant une séance d’EFT

Avant de vous expliquer comment je l’utilise en cabinet, laissez-moi vous dire ce que vivent mes patients pendant et après une séance.

La réaction la plus fréquente ? **La sensation de fatigue.**

Pas une fatigue pathologique — un relâchement général, profond, parfois surprenant. Des bâillements. L’envie de rentrer chez soi et d’aller se coucher. Certains me disent qu’ils ont l’impression d’avoir dormi une semaine en une heure.

 

C’est tout à fait normal, et c’est même le signe que quelque chose s’est passé.

 

Voici pourquoi : chaque sujet émotionnel non résolu que vous portez — une peur, une croyance négative sur vous-même, un souvenir douloureux — est un déclencheur actif dans votre système nerveux. Il consomme de l’énergie. Il génère des pensées parasites en permanence. Il maintient votre corps dans un état d’alerte chronique.

Quand ces sujets sont rendus neutres par l’EFT, cette consommation d’énergie s’arrête. Le système nerveux parasympathique prend le relais — celui du repos, de la récupération. Le corps libère des endorphines. La tension se dissout.

 

Je dis souvent à mes patients à ce moment-là : « Les vacances commencent aujourd’hui. »

Une séance qui m’a marqué

Parmi toutes les séances que j’ai menées, il en est une que je n’oublierai pas.

 

Une personne venait me voir pour un manque de confiance en soi sévère, beaucoup de stress, une anxiété permanente qui colorait chaque aspect de sa vie. Au fil du protocole, nous cherchons ensemble quelle croyance profonde son inconscient a stockée sur lui-même — quelle est la phrase que son esprit se dit, en boucle, depuis peut-être des années.

La phrase qui émerge est terrible. Difficile même à prononcer à voix haute. Les yeux s’embuent. La gorge se serre. Il faut un vrai courage pour la dire.

Nous entamons la ronde de tapping avec cette phrase.

Quelques points plus tard — nous sommes sur la poitrine — je vois un petit sourire apparaître. Discret. Puis un petit rire. Et cette personne me dit, presque étonnée d’elle-même :

 

« Mais non… je ne suis pas ça. Mais non. Je sais même comment j’ai pu penser ça. »

 

Ce moment, je l’ai vécu des dizaines de fois sous des formes différentes. Et il me touche à chaque fois de la même façon.

Parce que cette croyance — « je ne vaux rien » sous toutes ses formes — est l’une des plus lourdes à porter. Elle dit à l’inconscient que la survie est compromise en permanence. Elle met le système d’alerte en rouge vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Elle complique chaque relation, chaque prise de décision, chaque moment de la vie quotidienne.

Quand elle se neutralise, ce n’est pas juste un soulagement. C’est une libération. Tout devient possible là où tout semblait dangereux.

Comment j’utilise l’EFT en cabinet — et pourquoi je commence souvent par là

Avec les années, j’ai développé une approche qui commence souvent par un état des lieux.

Sauf demande très ciblée — un deuil, une rupture, une phobie précise — je propose à la personne d’explorer le « socle » sur lequel tout son être est posé. Les croyances fondamentales que son inconscient a construites sur sa valeur, sa place dans le monde, ses relations avec les autres.

Ce socle, je le balaye méthodiquement : la valeur personnelle, le poids du regard des autres, la blessure d’abandon, le besoin d’être aimé, la peur de décevoir, la peur de la mort, la culpabilité, la différence.

 

Pourquoi ce bilan ? Parce que la plupart des problématiques que les gens m’apportent — stress chronique, anxiété, troubles du sommeil, prise de parole difficile, manque de confiance — ont leurs racines dans ces croyances fondamentales. Traiter le symptôme sans s’occuper du socle, c’est repeindre les murs d’une maison dont les fondations sont fissurées.

L’EFT est particulièrement puissant pour ce travail de fond, parce qu’il permet d’accéder à ces croyances et de les neutraliser une par une, avec une précision chirurgicale.

Et l’hypnose dans tout ça ?

 

1 + 1 = bien plus que 2

L’EFT neutralise. L’hypnose reconstruit.

L’EFT désactive la charge émotionnelle d’une croyance ou d’un souvenir — il coupe le circuit de l’alarme. L’hypnose ericksonienne, elle, va installer de nouvelles ressources dans l’inconscient, créer de nouveaux schémas, ouvrir de nouvelles perspectives.

Les deux ensemble ne font pas que s’additionner. Ils se potentialisent. L’EFT prépare le terrain en levant les résistances. L’hypnose peut alors travailler en profondeur sur un inconscient apaisé, réceptif, prêt à changer.

C’est cette combinaison que j’utilise en cabinet depuis des années. Et c’est ce qui, selon moi, explique la durabilité des résultats que j’observe chez mes client(e)s.

 

« Et si je trouve ça bizarre de tapoter mon visage ? »

C’est légitime. Franchement.

Je vous ai dit ce que j’ai pensé la première fois que j’ai vu une démonstration d’EFT. Vous avez probablement la même réaction en lisant cet article.

Ce que je vous propose : mettez votre scepticisme de côté — pas pour toujours, juste le temps d’une séance. Observez ce qui se passe dans votre corps. Mesurez avant et après.

L’EFT n’a pas besoin que vous y croyiez pour fonctionner. Il a juste besoin que vous l’essayiez.

 

En résumé

– L’EFT est une technique de stimulation de points méridiens qui neutralise la charge émotionnelle des pensées et croyances négatives

– Son action est rapide, précise, et — c’est ce qui m’a convaincu — durable

– En séance, le signe le plus fréquent que ça fonctionne est un relâchement profond, parfois une fatigue intense : c’est le système nerveux qui reprend son souffle

– Associé à l’hypnose, l’EFT permet d’agir à la fois sur les symptômes et sur les racines profondes des problématiques émotionnelles

– Le scepticisme est bienvenu — c’est même, à mes yeux, le meilleur point de départ

Vous souhaitez découvrir l’EFT ou explorer ce que votre « socle » de croyances dit de vous ? Je vous reçois à Bussy-Saint-Georges (77) ou en visio. Une première séance suffit souvent pour comprendre de quoi il s’agit  et ressentir par vous-même le changement qui s’opère en vous.